Les 175 pays membres de la CITES, la convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d'extinction, sont réunis à Doha, au Qatar. Parmi ses priorités: la protection du thon rouge.
Douze jours seulement. La CITES n'a que douze jours pour se prononcer sur le niveau de protection des espèces animales les plus menacées. Achim Steiner, directeur-général du PNUE, le programme des Nations Unies pour l'Environnement.
« Durant les cinquante dernières années, nous sommes parvenus à placer près de 10% de la surface du globe sous protection. De nombreux projets sont en place qui ont contribué à sauver certaines espèces qui étaient menacées d'extinction. Mais il faut bien reconnaître que la liste rouge des espèces menacées s'allonge de jour en jour. »
La fin du sushi au thon?
En tête de liste des préoccupations : le thon rouge, très prisé par les Japonais. Monaco propose de l'inscrire à l'annexe 1 de la CITES, ce qui impliquerait l'interdiction de son commerce au niveau international. Parmi les arguments avancés en faveur de cette interdiction : la disparition de deux tiers des stocks de l'espèce en Méditerranée, entre 1957 et 2007 et de plus de 80% en Atlantique ouest en moins de quarante ans. De plus, le thon rouge ne se reproduit que dans le Golfe du Mexique et en Méditerranée, où se font 80% des captures. Cette proposition monégasque a le soutien des Etats-Unis et de l'Union européenne, qui réclame cependant que l'interdiction n'entre pas en vigueur cette année, afin de laisser le temps à l'industrie d'écouler ses prises en 2010.
Manifestation de Greenpeace contre la pêche au thon rouge, France, 2007.
En attendant, la commission internationale pour la conservation des thons de l'Atlantique, l'ICCAT, a baissé de près de 30% le quota de pêche autorisé par rapport à l'année dernière. Suite à quoi l'Algérie a décidé d'interdire la pêche au thon rouge aux exploitants étrangers dans ses eaux territoriales.
La proposition de Monaco, d'interdire totalement le commerce du thon rouge, sera examinée à partir de jeudi à Doha. Et la principauté, quels que soient ses soutiens en Europe et en Amérique, aura bien du mal à convaincre le Japon de mordre à l'hameçon.
A noter
Une entreprise japonaise a débuté l'exportation de thons rouges nés et élevés en captivité. Ceci est une première qui, selon l'entreprise, permettrait de continuer à consommer ce poisson sans menacer sa survie.
Auteur: Sandrine Blanchard
Edition: M-A. Pioerron
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